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POV TOM :
Tom : Bill ?
Bill : J'arrive ... j'suis ... juste ... derrière ... toi ...
___Je souris légèrement, en me disant que " derrière toi " dans le langage Billien signifie à trois kilomètres, et monte les dernières marches de l'escalier de notre appartement. C'est décidé, sitôt rentré, je me lance dans une pétition pour construire un ascenseur ! Comment va t-on faire lors de l'accouchement de Bill ? Je ne me vois pas le porter, descendre les cinq étages, et en courant s'il vous plait. Alors, plutôt que de dormir dehors à partir d'aujourd'hui, pour ne pas avoir à descendre ses satanés escaliers, il nous faut un ascenseur !
___Alors que je prends conscience que même avec la signature du président des États Unis sur la pétition, en un laps de temps de trois mois, l'ascenseur ne sera jamais prêt, je pose enfin le pied sur le palier. Je dépose les sacs contenant les affaires de notre futur enfant, et redescends quelques marches, pour voler au secours de Bill. En nage, le front suant, il monte avec difficulté, malgré le fait qu'il ne soit pas beaucoup chargé. Son manteau dans une main, un sac contenant du papier peint dans l'autre, son gros ventre est bien plus lourd que tout nos sacs réunis. Maintenant enceinte de six mois, il a du mal à se déplacer, sans éprouver une fatigue extrême, bien que je le soupçonne d'en faire un peu trop. Une femme enceinte de six mois peut encore se lever le matin, et se préparer elle même son petit déjeuner non ?
Tom : Donnes ton sac mon c½ur, j'le prends.
___Je m'attendais à une énième remarque, sur le fait qu'il est peut-être enceinte mais pas impotent, comme il me l'a fait si souvent ces dernières semaines. Paradoxalement à la fainéantise qui le frappe quelques fois, pour les tâches lourdes et difficiles, il n'accepte aucune aide, et surtout pas la mienne. Alors, aujourd'hui, quand il me donne son sac et même son manteau, je reste surpris. Au vu de sa grimace de douleur, je retient le commentaire que je voulais faire, et passe une main derrière son dos, pour l'aider à finir l'ascension de ces escaliers.
POV BILL :
Bill : La vache, j'en peux plus !
Tom : Je t'avais dis de rester ici pour te reposer.
Bill : Mais moi aussi j'voulais choisir les affaires pour ce petit monstre là, qui me pompe toute mon énergie !
___Je pose mon doigt sur mon ventre d'un geste accusateur, laissant Tom rigoler doucement derrière moi, avant qu'il ne prenne place à mes côtés sur le canapé, ou je me suis littéralement affalé, sitôt rentré. Jamais je n'aurais pensé qu'être enceinte serait si fatiguant. Je crois que je préférais encore les nausées matinales. Au moins je ne ressemblais pas encore à une montgolfière ! Tom relève tendrement le haut de mon pull, et pose ses deux mains chaudes sur mon gros ventre. Après le froid du mois du mois de décembre que nous venons d'affronter, sa chaleur corporelle me fait doucement gémir. Il sourit en se rapprochant, et niche son visage dans mon cou, laissant son nez se frotter contre ma gorge. Nous nous enveloppons dans une bulle protectrice, une atmosphère de chaleur et de bien être se repent dans notre sang. Il me sert un instant contre lui, laissant une de ses mains caresser la peau nue de mon ventre, sentant notre enfant bouger à chacune de ses caresses. Cela fait depuis plusieurs jours qu'il se tourne encore et encore, me donnant des coups de pieds, plus ou moins fort, me tordant quelques fois de douleur. Mais nous savons au moins qu'il est en bonne santé, même si je préférerais qu'il nous le signale moins violemment.
___J'entends Tom parler tout doucement à notre enfant, avec tendresse et douceur. Voir ses yeux briller et s'illuminer quand il sent le bébé bouger sous ses mains, est quelque chose d'indescriptible. Je perd totalement pied, et laisse ce trop plein d'émotion m'envahir. Je suis pratiquement en train de m'endormir, en entendant Tom ronronner de plaisir, que le téléphone sonne, me faisant violemment sursauter. Je décroche, et après un quart de seconde, je donne le combiné à Tom. C'est fou ce que les gens peuvent être aimable.
Bill : Tiens Tomi, c'est la banque !
___Emporté dans un monde ou moi seul possède la clé, je ne vois pas le visage de Tom se fermer alors qu'il saisit le téléphone. Il se lève et quitte la pièce, faisant surgir le silence, rendant ce moment encore plus intime entre mon enfant et moi. Je suis en train de me dire que nous n'avons pas encore réfléchi aux prénoms que Tom revient au salon.
Tom : J'vais poser les affaires du bébé dans la chambre !
___J'acquiesce lentement, et entreprends de me lever, ayant subitement soif. Cinq minutes plus tard, je suis enfin debout. Mon dos me fait horriblement mal, et alors que je songe un instant à me mettre au lit pour ne pas en sortir avant trois mois, une question un peu tardive me vient à l'esprit.
Bill : Tomi ? Elle voulait quoi la banque ?
___Même de loi, lorsque sa voix parvient à mes oreilles, je perçois son trouble.
Tom : C'était pour me dire que ... que mes chèques sont arrivés !
Bill : On pourra aller les chercher demain si tu veux. Il faut que j'aille à la banque faire changer ma carte, elle ne ...
___Ma phrase reste en suspend, une main levée, tenant un verre d'eau, mon regard s'ancre dans les papiers entassés sur la table de la cuisine. Non, je crois que nous n'irons pas chercher les chèques demain. Là, entre les factures, la carte postale de Gustav parti aux Maldives, se trouvent ... les carnets de chèques. Un étrange parfum se repend autour de nous. Un petit parfum de mensonge. Cette non confiance me sert un instant le c½ur, alors que je me remémores les instants des jours passés. Oui, Tom est allé chercher ses carnets de chèques hier, en sortant du travail. Je pose mon verre brutalement sur l'évier, dans un excès de colère, et part en direction de notre chambre, bien décidé à lui faire cracher toutes ses dents si il ne me dit toujours pas la vérité. J'ouvre la porte un peu plus violemment que prévu, et regrette aussitôt mon geste. Tom est assis sur notre lit, la peluche en forme d'éléphant dans les mains, il tortille nerveusement ses grandes oreilles toutes douces. Il sursaute légèrement, et me sourit, avant que son regard ne s'ancre dans la moquette. Mais son sourire est tout ce qu'il y a de plus trompeur. Je ne sais pas ou est passé cette colère que j'avais contre lui à cause de son mensonge, mais en tout cas, elle ne réside plus dans mon c½ur.
Bill : Est-ce que tu m'évites ?
___Ses yeux se lèvent sur moi, et si j'avais encore le pouvoir de courir et de sauter, je crois que je me serais jeté sur lui, et j'aurais enlevé toute cette tristesse dans son regard.
Tom : Non, bien sur que non. Pourquoi tu dis ça ?
___J'hausse les épaules, et commence à ranger quelques uns de mes vêtements trainant dans la pièce, en me demandant comment aborder le sujet. Surement par le moyen le plus court ...
Bill : Tom tu ... tu me le dirais si on avait des problèmes d'argent, n'est-ce pas ?
___Son regard, après être passé par la surprise et la gène, se ferme, alors qu'un soupire sort de ses lèvres. Un long et douloureux soupire, tout droit sorti de son c½ur. Alors que j'attendais une réponse, je le vois se lever, en marmonnant un " On n'a pas de problèmes ! ". Indifférent à ma présence, il déballe toutes les affaires que nous venons d'acheter. Toutes ces choses inutiles ... Comme ces vêtements, nous n'en avons pas besoin pour l'instant. Et ce mini train électrique ... C'est surement à cause de cela que ma colère revient.
Bill : Putain Tom ! Tes chèques sont sur la table. T'es déjà allé les chercher. Alors la prochaine fois que tu me mens, trouve une meilleure excuse !
___Ma voix, soudainement dure et froide, sonne comme un reproche. Surement est-ce à cause de cela que les yeux de Tom se mettent à briller de larmes. Le temps que je trouve une excuse, il est trop tard. Tom a baissé la tête sur le train électrique, le tournant nerveusement entre ses mains. Je me souviens qu'au magasin, il avait littéralement craqué dessus. Ses yeux avaient pétillé d'une lueur enfantine, en s'imaginant surement jouer avec lui, et notre enfant. Je m'approche doucement de lui, comme pour ne pas l'effrayer, qu'il remette cette carapace qui vient de se briser.
Bill : Tom tu ... tu peux me le dire. J'suis pas bête tu sais.
___Comme si c'était la phrase qu'il attendait, il relève la tête, et sa voix se fait plus forte.
Tom : J'ai jamais dit le contraire !
___Nous nous affrontons un moment du regard, avant que Tom ne baisse les armes. Il s'assoie sur le lit, et tapote la place à côté, ou je m'empresse de le rejoindre. Sa main se pose doucement sur la mienne, comme s'il avait peur que je ne le repousse. Je l'encourage doucement en serrant sa main contre la mienne. Il se rapproche de moi, et passe une main dans ma chevelure noir. Il sait toujours les choses qui me calment. Et ce geste en fait parti. Je ferme les yeux un instant, me laisse enivrer par ce plaisir avant de doucement ronronner, tandis que Tom me murmure :
Tom : J'voulais juste ne pas t'inquiéter Bill, ne pas que tu t'fasse du soucis.
Bill : J'crois que c'est trop tard.
___J'ouvre les yeux, le regarde avec tendresse, tandis que j'embrasse doucement la paume de sa main. Il inspire profondément, comme s'il se préparait à subir sa peine de mort.
Tom : On ... on est à découvert.
Bill : Oh ... et ... et de combien ?
Tom : De beaucoup !
___Mes mains deviennent moites. Des sueurs froides apparaissent sur mon corps, collant mes vêtements à ma peau blanche. Mon torse se soulève de façon rapide, augmentant mon rythme cardiaque. Tom remarque mon angoisse soudaine, et pose sa main sur ma cuisse, ses yeux s'ancrant dans les miens.
Tom : Mais ... c'est pas grave Bill, c'est pas grave ! J'vais arranger ça ! T'inquiète pas !
Bill : Comment veut tu ... que je ne m'inquiètes pas Tom ! Je sais très bien ce que c'est, d'avoir des problèmes d'argent ! Et on arrange pas ça d'un claquement de doigt ! Je, je ... jamais on n'aurait du acheter ces affaires ! On en a pas besoin !
___La colère a changé de camp. Elle se diffuse en nous, et prend place dans le c½ur de Tom, qui explose littéralement. Il se lève, furieux, et sa voix résonne dans la pièce silencieuse.
Tom : Putain Bill essaie de comprendre ! Si on achète pas les affaires maintenant, après ça sera trop tard ! Avec les frais d'hôpital, toutes les affaires du bébé, plus le loyer, on y arrive plus ! Je sais pas ... Putain je n'sais pas comment on va rembourser ces putain de 300¤ de découvert !!
___Les mots de Tom résonnent encore fortement contre les cloisons de notre chambre, avant que la pièce ne se plonge dans un silence des plus pesant. Il soupire fortement, et me tourne le dos, comme si j'étais devenu indifférent à ses yeux. Un sentiment de culpabilité se repend dans mon corps, se mélangeant à mon sang. Alors tout ça, c'est à cause ... de moi ? Je coute trop cher ? Notre enfant est trop couteux pour nous ? Les larmes me montent aux yeux, et ce trop plein d'hormone en moi, y est surement pour quelque chose. Je pleure silencieusement, alors que mes mains se posent sur mon gros ventre, comme si j'avais peur qu'on me le prenne, si les gens savent que nous n'avons plus d'agent. Que fait-on des choses qui coutent trop cher ? On les vend, on les ... jette.
___D'ordinaire, lorsque les émotions me submerge, lorsque mes sanglots se font trop fort, Tom est le premier à venir me consoler ... Mais aujourd'hui c'est différent. La colère l'habite, et c'est au milieu d'un juron qu'il quitte la pièce. Je l'entends mettre son manteau, et claquer la porte tellement violemment que j'en sursaute. Alors c'est ça sa solution miracle ? Prendre la fuite ? Je ne retiens plus mes pleurs, et éclate littéralement en sanglots, les hormones y étant surement pour quelque chose. Je me glisse dans les couvertures, entièrement habillé, et me pelote du mieux que je peux. Mais rien n'y fait. Les mots de Tom résonnent encore dans ma tête, faisant trembler mon c½ur et mon âme. Suis-je trop bête pour comprendre ? Nous n'aurions pas pu en discuter calmement, et essayer de trouver une solution ? Visiblement non ...
___Les secondes ont précédé les minutes, et les heures. Tom n'est toujours pas revenu à la maison. La nuit a commencé à tomber, en même temps que les coups du bébé sont devenus plus fort, comme s'il avait perçu mon trouble, et manifestait sa colère. Je me suis levé du lit, j'ai enfilé un sweet appartenant à Tom, comme si c'était la chose qui le ferrait revenir. Je me suis assis sur le canapé, ne supportant plus le poids de notre enfant, bien trop lourd selon moi. J'ai caressé mon ventre d'un geste apaisant, en inspirant et expirant lentement, pour me calmer.
Bill : C'est pas de ma faute tu sais, j'ai pas eu le temps de lui parler ... Mais je suis sur qu'il va bien, ne t'inquiètes pas. Ton papa est juste aller prendre l'air. Il va revenir vite.
___J'ai essayé de me persuadé en disant ces mots ... Qu'il allait revenir vite, que tout serait comme avant, en oubliant ces problèmes d'argent ... Mais je n'ai pas pu. J'ai attrapé le téléphone, ai composé un numéro que je pourrais faire les yeux fermés, et j'ai attendu qu'il décroche. La messagerie, évidemment.
Bill : Tom ... Tomi. Reviens, c'est pas drôle. Je m'inquiète tu sais. Et ... et pas que moi, le bébé aussi. Il me donne des coups, et c'est vraiment douloureux. Je ... tu sais c'est pas grave pour l'argent, on va bien se débrouiller. Mais ... me laisse pas ... p-parce que je coute trop cher Tomi. Je ... je sais bien qu'on y arrive plus à cause des frais du bébé. C'est pas ma faute tu sais. M-M-Mais on arrivera à surmonter t-tout ça n-n'est-ce pas ? A-Alors reviens, je ... j-je m'inquiète. S-il t-te plait, r-rappelle moi Tomi. Je t'aime tu sais.
___Je raccroche, avant d'éclater en sanglots. Peut-être que Tom est parti ... pour toujours ? Il a entièrement raison, les frais d'hôpital sont horriblement couteux. Avec toutes les échographies que j'ai été obligé de faire, bien plus que ne le ferrait une femme enceinte, plus les affaires, la chambre que nous avons refait ... Serait-il possible que je me sois trompé sur Tom ? Qu'il puisse m'abandonner, au premier problème ? Non, je refuse de le croire. Tom a su rester le même, le garçon tendre et doux, le garçon dont je suis tombé amoureux ...
POV TOM :
Tom : Maman j'y vais. J'voudrais rentrer avant la nuit, Bill doit surement s'inquiéter.
___Ma mère m'embrasse tendrement, et je quitte la maison, en n'oubliant pas de la remercier pour son enveloppe. Même si elle a encore un peu de mal à accepter la grossesse de Bill, des que je lui ai annoncé que nous avions de petits problèmes d'argent, elle n'a pas hésité une seconde. Je me met au chaud dans ma voiture, et tandis que le moteur chauffe, j'allume mon téléphone, que j'avais éteint avant d'arriver chez maman, préférant ne pas être dérangé pendant que je lui parlais.
" Tom ... Tomi ? ... "
___La voix de Bill, tremblante, enrouée de sanglots me glace le sang. Ses derniers mots me font mal, et c'est avec les yeux brillants que je démarre la voiture. Pas le temps de lui répondre, je me met directement en route. Je conduis prudemment, mais mes mains sont crispé au volent. Je me donne des centaines de claques mentales, alors que je me remémores la scène dans ma tête. Je n'ai même pas dit à Bill ou est-ce que j'allais ... Il doit être mort d'inquiétude. Je n'ai pas osé rester à l'appartement après notre mini dispute. Je ne voulais pas qu'il ai honte ... Je lui ai promis de prendre soin de lui, et de le protéger de tout, et ces problèmes d'argent sont en premier plan. Il a déjà trop souffert de ce manque de revenu, ce n'était pas pour recommencer ici. Je gare la voiture en vitesse sur le parking, cours comme un fou, et monte les escaliers quatre à quatre. Oh mon dieu, il nous faut vraiment un ascenseur ! Pourtant, arrivé devant la porte, j'hésite. Je respire profondément, et pousse la porte. Le corps légèrement tremblant, j'enlève mon manteau, avant que des bruits de pas ne se fasse entendre, se rapprochant dangereusement de moi. Bill apparait devant moi, ses yeux rougis, son menton tremblant, mais pourtant c'est sa voix qui me choque le plus, elle est dure, glaciale.
Bill : Mais t'étais ou putain ! Je t'ai attendu. Tu m'as pas donné de nouvelle. Je me suis inquiété toute l'après midi putain Tom ! Je ... je pensais que tu voulais plus me voir, que ... q-que tu voulais plus du bébé. J'ai ... j'ai ... j'ai cru que tu ... tu nous avais a-abandonné.
___Le corps de Bill se crispe, avant qu'il n'explose en sanglot. Il glisse le long du mur, ou je m'empresse de le rattraper. Je le sert avec force contre moi, tandis qu'il se débat légèrement.
Tom : Non mon c½ur, je ne vous ai pas abandonné. J'suis allé voir maman. Elle m'a donné un peu d'argent. Putain mon c½ur pardon pardon.
___Je ne tiens pas compte de ses gémissements, et passe ma main dans ses cheveux noir ébène, sentant légèrement la vanille et le miel. L'odeur qui émane de lui me donne une confiance, qui m'a fait défaut lorsque que nous nous sommes disputé. Bill cesse de se débattre, et s'accroche à moi, comme un noyé se tiendrait à sa bouée de sauvetage. Il niche son visage humide dans mon cou, et gémit plaintivement.
Bill : T-Tu voulais m-me laisser ... p-parce que je coute trop cher ?
Tom : Dis pas ça Bill, dit pas ce genre de chose. C'est pas vrai, tu l'sais. Je savais dans quoi je m'engageais en prenant un appartement, et en acceptant d'avoir un enfant avec toi. Mon p'tit amour, pardonne moi. Pardonne moi d'avoir crié.
___Je le berce tendrement, comme une mère bercerait son enfant, hanté de cauchemars. Je pose doucement mes lèvres sur sa tempe, et l'embrasse amoureusement, tandis que je glisse ma main entre nos deux corps étroitement enlacé, pour la poser sur son ventre, sentant notre enfant se manifester.
Tom : Mon bébé excuse moi de m'être enervé tout à l'heure. Pardon. Je t'aime tu sais, toi et ta maman.
___Nous nous serrons fortement l'un l'autre, comme si nous avions peur que quelqu'un nous sépare. Nous pleurons, comme si c'était la dernière fois que nous nous voyons ... Je ne cesse de m'excuser, pour mon comportement, pour ma lacheté, pour mon égoisme, pour être parti comme un voleur, pour avoir fait du mal, à Bill et à notre enfant. Nous nous calmons au fur et à mesure que les minutes s'écoulent. Toujours à genoux sur le sol de l'entrée, je relève Bill, avant de le porter jusque dans la chambre. Je lui retire ses vêtements, ainsi que les miens, et je recouvre nos deux corps de la couverture. Bill s'empresse de se blottir contre moi, alors que je le sert tendrement contre mon torse. Une main dans ses cheveux, je cherche ses doigts à taton de l'autre. Nos doigts s'entremellent, alors que je chuchotte dans l'obscurité :
Tom : Mon amour, est-ce que ça va ?
Bill : Oui ... P-Promet moi que ... que plus jamais tu ne t'en iras comme ça.
Tom : J'te le promet mon coeur ... c'est promis. Excuses moi, j'aurais du rester avec toi.
___Je vois Bill fermer doucement les yeux, avant de se laisser aller à mes caresses. Il frotte son nez contre ma gorge, et je l'entends doucement ronronner de plaisir.
Bill : Et ... Et alors, t'es allé voir Simone ?
Tom : Oué. Elle m'a prêté un peu d'argent. Et j'vais faire des heures supplémentaires au boulot. On pourra aussi vendre certains trucs, y'a une espère de foire la semaine prochaine.
Bill : Tu sais, je pourrais chercher un travail moi aussi.
Tom : Hors de question !
___Ma voix a sonné plus durement que je ne le voulais. Et je ne tarde pas à le regretter quand je sens le corps de Bill me quitter. Il roule sur le côté, me tournant le dos.
Tom : Bébé, pardonne moi. Mais je ne veux pas que tu travaille. Bill, t'en est à 6 mois de grossesse, ça sera trop dur. J'veux pas qu'il arrive quelque chose au bébé.
___Je m'approche doucement de lui, passe une main timide sur son bras dénudé, et lui embrasse tendrement la clavicule.
Bill : Mais ... Mais pourtant je voudrais t'aider.
Tom : Tu m'aides déjà Bill. Seulement maintenant, c'est à moi de faire en sorte qu'il n'arrive rien au bébé, et qu'il puisse vivre dans une famille normale, avec des moyens. D'accord mon p'tit coeur ?
___Il hoche la tête, me murmure trois petits mots, qui ont toujours le même effet sur moi, avant que je ne me glisse derrière lui, posant ma tête dans le creux de son cou. Nos mains se joignent, et se posent sur son ventre, et les mouvements de notre enfant seront notre berceuse, celle qui nous enmène tout droit au pays des rêves, là ou les problèmes n'existent pas.
Tom : Bill ?
Bill : J'arrive ... j'suis ... juste ... derrière ... toi ...
___Je souris légèrement, en me disant que " derrière toi " dans le langage Billien signifie à trois kilomètres, et monte les dernières marches de l'escalier de notre appartement. C'est décidé, sitôt rentré, je me lance dans une pétition pour construire un ascenseur ! Comment va t-on faire lors de l'accouchement de Bill ? Je ne me vois pas le porter, descendre les cinq étages, et en courant s'il vous plait. Alors, plutôt que de dormir dehors à partir d'aujourd'hui, pour ne pas avoir à descendre ses satanés escaliers, il nous faut un ascenseur !
___Alors que je prends conscience que même avec la signature du président des États Unis sur la pétition, en un laps de temps de trois mois, l'ascenseur ne sera jamais prêt, je pose enfin le pied sur le palier. Je dépose les sacs contenant les affaires de notre futur enfant, et redescends quelques marches, pour voler au secours de Bill. En nage, le front suant, il monte avec difficulté, malgré le fait qu'il ne soit pas beaucoup chargé. Son manteau dans une main, un sac contenant du papier peint dans l'autre, son gros ventre est bien plus lourd que tout nos sacs réunis. Maintenant enceinte de six mois, il a du mal à se déplacer, sans éprouver une fatigue extrême, bien que je le soupçonne d'en faire un peu trop. Une femme enceinte de six mois peut encore se lever le matin, et se préparer elle même son petit déjeuner non ?
Tom : Donnes ton sac mon c½ur, j'le prends.
___Je m'attendais à une énième remarque, sur le fait qu'il est peut-être enceinte mais pas impotent, comme il me l'a fait si souvent ces dernières semaines. Paradoxalement à la fainéantise qui le frappe quelques fois, pour les tâches lourdes et difficiles, il n'accepte aucune aide, et surtout pas la mienne. Alors, aujourd'hui, quand il me donne son sac et même son manteau, je reste surpris. Au vu de sa grimace de douleur, je retient le commentaire que je voulais faire, et passe une main derrière son dos, pour l'aider à finir l'ascension de ces escaliers.
POV BILL :
Bill : La vache, j'en peux plus !
Tom : Je t'avais dis de rester ici pour te reposer.
Bill : Mais moi aussi j'voulais choisir les affaires pour ce petit monstre là, qui me pompe toute mon énergie !
___Je pose mon doigt sur mon ventre d'un geste accusateur, laissant Tom rigoler doucement derrière moi, avant qu'il ne prenne place à mes côtés sur le canapé, ou je me suis littéralement affalé, sitôt rentré. Jamais je n'aurais pensé qu'être enceinte serait si fatiguant. Je crois que je préférais encore les nausées matinales. Au moins je ne ressemblais pas encore à une montgolfière ! Tom relève tendrement le haut de mon pull, et pose ses deux mains chaudes sur mon gros ventre. Après le froid du mois du mois de décembre que nous venons d'affronter, sa chaleur corporelle me fait doucement gémir. Il sourit en se rapprochant, et niche son visage dans mon cou, laissant son nez se frotter contre ma gorge. Nous nous enveloppons dans une bulle protectrice, une atmosphère de chaleur et de bien être se repent dans notre sang. Il me sert un instant contre lui, laissant une de ses mains caresser la peau nue de mon ventre, sentant notre enfant bouger à chacune de ses caresses. Cela fait depuis plusieurs jours qu'il se tourne encore et encore, me donnant des coups de pieds, plus ou moins fort, me tordant quelques fois de douleur. Mais nous savons au moins qu'il est en bonne santé, même si je préférerais qu'il nous le signale moins violemment.
___J'entends Tom parler tout doucement à notre enfant, avec tendresse et douceur. Voir ses yeux briller et s'illuminer quand il sent le bébé bouger sous ses mains, est quelque chose d'indescriptible. Je perd totalement pied, et laisse ce trop plein d'émotion m'envahir. Je suis pratiquement en train de m'endormir, en entendant Tom ronronner de plaisir, que le téléphone sonne, me faisant violemment sursauter. Je décroche, et après un quart de seconde, je donne le combiné à Tom. C'est fou ce que les gens peuvent être aimable.
Bill : Tiens Tomi, c'est la banque !
___Emporté dans un monde ou moi seul possède la clé, je ne vois pas le visage de Tom se fermer alors qu'il saisit le téléphone. Il se lève et quitte la pièce, faisant surgir le silence, rendant ce moment encore plus intime entre mon enfant et moi. Je suis en train de me dire que nous n'avons pas encore réfléchi aux prénoms que Tom revient au salon.
Tom : J'vais poser les affaires du bébé dans la chambre !
___J'acquiesce lentement, et entreprends de me lever, ayant subitement soif. Cinq minutes plus tard, je suis enfin debout. Mon dos me fait horriblement mal, et alors que je songe un instant à me mettre au lit pour ne pas en sortir avant trois mois, une question un peu tardive me vient à l'esprit.
Bill : Tomi ? Elle voulait quoi la banque ?
___Même de loi, lorsque sa voix parvient à mes oreilles, je perçois son trouble.
Tom : C'était pour me dire que ... que mes chèques sont arrivés !
Bill : On pourra aller les chercher demain si tu veux. Il faut que j'aille à la banque faire changer ma carte, elle ne ...
___Ma phrase reste en suspend, une main levée, tenant un verre d'eau, mon regard s'ancre dans les papiers entassés sur la table de la cuisine. Non, je crois que nous n'irons pas chercher les chèques demain. Là, entre les factures, la carte postale de Gustav parti aux Maldives, se trouvent ... les carnets de chèques. Un étrange parfum se repend autour de nous. Un petit parfum de mensonge. Cette non confiance me sert un instant le c½ur, alors que je me remémores les instants des jours passés. Oui, Tom est allé chercher ses carnets de chèques hier, en sortant du travail. Je pose mon verre brutalement sur l'évier, dans un excès de colère, et part en direction de notre chambre, bien décidé à lui faire cracher toutes ses dents si il ne me dit toujours pas la vérité. J'ouvre la porte un peu plus violemment que prévu, et regrette aussitôt mon geste. Tom est assis sur notre lit, la peluche en forme d'éléphant dans les mains, il tortille nerveusement ses grandes oreilles toutes douces. Il sursaute légèrement, et me sourit, avant que son regard ne s'ancre dans la moquette. Mais son sourire est tout ce qu'il y a de plus trompeur. Je ne sais pas ou est passé cette colère que j'avais contre lui à cause de son mensonge, mais en tout cas, elle ne réside plus dans mon c½ur.
Bill : Est-ce que tu m'évites ?
___Ses yeux se lèvent sur moi, et si j'avais encore le pouvoir de courir et de sauter, je crois que je me serais jeté sur lui, et j'aurais enlevé toute cette tristesse dans son regard.
Tom : Non, bien sur que non. Pourquoi tu dis ça ?
___J'hausse les épaules, et commence à ranger quelques uns de mes vêtements trainant dans la pièce, en me demandant comment aborder le sujet. Surement par le moyen le plus court ...
Bill : Tom tu ... tu me le dirais si on avait des problèmes d'argent, n'est-ce pas ?
___Son regard, après être passé par la surprise et la gène, se ferme, alors qu'un soupire sort de ses lèvres. Un long et douloureux soupire, tout droit sorti de son c½ur. Alors que j'attendais une réponse, je le vois se lever, en marmonnant un " On n'a pas de problèmes ! ". Indifférent à ma présence, il déballe toutes les affaires que nous venons d'acheter. Toutes ces choses inutiles ... Comme ces vêtements, nous n'en avons pas besoin pour l'instant. Et ce mini train électrique ... C'est surement à cause de cela que ma colère revient.
Bill : Putain Tom ! Tes chèques sont sur la table. T'es déjà allé les chercher. Alors la prochaine fois que tu me mens, trouve une meilleure excuse !
___Ma voix, soudainement dure et froide, sonne comme un reproche. Surement est-ce à cause de cela que les yeux de Tom se mettent à briller de larmes. Le temps que je trouve une excuse, il est trop tard. Tom a baissé la tête sur le train électrique, le tournant nerveusement entre ses mains. Je me souviens qu'au magasin, il avait littéralement craqué dessus. Ses yeux avaient pétillé d'une lueur enfantine, en s'imaginant surement jouer avec lui, et notre enfant. Je m'approche doucement de lui, comme pour ne pas l'effrayer, qu'il remette cette carapace qui vient de se briser.
Bill : Tom tu ... tu peux me le dire. J'suis pas bête tu sais.
___Comme si c'était la phrase qu'il attendait, il relève la tête, et sa voix se fait plus forte.
Tom : J'ai jamais dit le contraire !
___Nous nous affrontons un moment du regard, avant que Tom ne baisse les armes. Il s'assoie sur le lit, et tapote la place à côté, ou je m'empresse de le rejoindre. Sa main se pose doucement sur la mienne, comme s'il avait peur que je ne le repousse. Je l'encourage doucement en serrant sa main contre la mienne. Il se rapproche de moi, et passe une main dans ma chevelure noir. Il sait toujours les choses qui me calment. Et ce geste en fait parti. Je ferme les yeux un instant, me laisse enivrer par ce plaisir avant de doucement ronronner, tandis que Tom me murmure :
Tom : J'voulais juste ne pas t'inquiéter Bill, ne pas que tu t'fasse du soucis.
Bill : J'crois que c'est trop tard.
___J'ouvre les yeux, le regarde avec tendresse, tandis que j'embrasse doucement la paume de sa main. Il inspire profondément, comme s'il se préparait à subir sa peine de mort.
Tom : On ... on est à découvert.
Bill : Oh ... et ... et de combien ?
Tom : De beaucoup !
___Mes mains deviennent moites. Des sueurs froides apparaissent sur mon corps, collant mes vêtements à ma peau blanche. Mon torse se soulève de façon rapide, augmentant mon rythme cardiaque. Tom remarque mon angoisse soudaine, et pose sa main sur ma cuisse, ses yeux s'ancrant dans les miens.
Tom : Mais ... c'est pas grave Bill, c'est pas grave ! J'vais arranger ça ! T'inquiète pas !
Bill : Comment veut tu ... que je ne m'inquiètes pas Tom ! Je sais très bien ce que c'est, d'avoir des problèmes d'argent ! Et on arrange pas ça d'un claquement de doigt ! Je, je ... jamais on n'aurait du acheter ces affaires ! On en a pas besoin !
___La colère a changé de camp. Elle se diffuse en nous, et prend place dans le c½ur de Tom, qui explose littéralement. Il se lève, furieux, et sa voix résonne dans la pièce silencieuse.
Tom : Putain Bill essaie de comprendre ! Si on achète pas les affaires maintenant, après ça sera trop tard ! Avec les frais d'hôpital, toutes les affaires du bébé, plus le loyer, on y arrive plus ! Je sais pas ... Putain je n'sais pas comment on va rembourser ces putain de 300¤ de découvert !!
___Les mots de Tom résonnent encore fortement contre les cloisons de notre chambre, avant que la pièce ne se plonge dans un silence des plus pesant. Il soupire fortement, et me tourne le dos, comme si j'étais devenu indifférent à ses yeux. Un sentiment de culpabilité se repend dans mon corps, se mélangeant à mon sang. Alors tout ça, c'est à cause ... de moi ? Je coute trop cher ? Notre enfant est trop couteux pour nous ? Les larmes me montent aux yeux, et ce trop plein d'hormone en moi, y est surement pour quelque chose. Je pleure silencieusement, alors que mes mains se posent sur mon gros ventre, comme si j'avais peur qu'on me le prenne, si les gens savent que nous n'avons plus d'agent. Que fait-on des choses qui coutent trop cher ? On les vend, on les ... jette.
___D'ordinaire, lorsque les émotions me submerge, lorsque mes sanglots se font trop fort, Tom est le premier à venir me consoler ... Mais aujourd'hui c'est différent. La colère l'habite, et c'est au milieu d'un juron qu'il quitte la pièce. Je l'entends mettre son manteau, et claquer la porte tellement violemment que j'en sursaute. Alors c'est ça sa solution miracle ? Prendre la fuite ? Je ne retiens plus mes pleurs, et éclate littéralement en sanglots, les hormones y étant surement pour quelque chose. Je me glisse dans les couvertures, entièrement habillé, et me pelote du mieux que je peux. Mais rien n'y fait. Les mots de Tom résonnent encore dans ma tête, faisant trembler mon c½ur et mon âme. Suis-je trop bête pour comprendre ? Nous n'aurions pas pu en discuter calmement, et essayer de trouver une solution ? Visiblement non ...
___Les secondes ont précédé les minutes, et les heures. Tom n'est toujours pas revenu à la maison. La nuit a commencé à tomber, en même temps que les coups du bébé sont devenus plus fort, comme s'il avait perçu mon trouble, et manifestait sa colère. Je me suis levé du lit, j'ai enfilé un sweet appartenant à Tom, comme si c'était la chose qui le ferrait revenir. Je me suis assis sur le canapé, ne supportant plus le poids de notre enfant, bien trop lourd selon moi. J'ai caressé mon ventre d'un geste apaisant, en inspirant et expirant lentement, pour me calmer.
Bill : C'est pas de ma faute tu sais, j'ai pas eu le temps de lui parler ... Mais je suis sur qu'il va bien, ne t'inquiètes pas. Ton papa est juste aller prendre l'air. Il va revenir vite.
___J'ai essayé de me persuadé en disant ces mots ... Qu'il allait revenir vite, que tout serait comme avant, en oubliant ces problèmes d'argent ... Mais je n'ai pas pu. J'ai attrapé le téléphone, ai composé un numéro que je pourrais faire les yeux fermés, et j'ai attendu qu'il décroche. La messagerie, évidemment.
Bill : Tom ... Tomi. Reviens, c'est pas drôle. Je m'inquiète tu sais. Et ... et pas que moi, le bébé aussi. Il me donne des coups, et c'est vraiment douloureux. Je ... tu sais c'est pas grave pour l'argent, on va bien se débrouiller. Mais ... me laisse pas ... p-parce que je coute trop cher Tomi. Je ... je sais bien qu'on y arrive plus à cause des frais du bébé. C'est pas ma faute tu sais. M-M-Mais on arrivera à surmonter t-tout ça n-n'est-ce pas ? A-Alors reviens, je ... j-je m'inquiète. S-il t-te plait, r-rappelle moi Tomi. Je t'aime tu sais.
___Je raccroche, avant d'éclater en sanglots. Peut-être que Tom est parti ... pour toujours ? Il a entièrement raison, les frais d'hôpital sont horriblement couteux. Avec toutes les échographies que j'ai été obligé de faire, bien plus que ne le ferrait une femme enceinte, plus les affaires, la chambre que nous avons refait ... Serait-il possible que je me sois trompé sur Tom ? Qu'il puisse m'abandonner, au premier problème ? Non, je refuse de le croire. Tom a su rester le même, le garçon tendre et doux, le garçon dont je suis tombé amoureux ...
POV TOM :
Tom : Maman j'y vais. J'voudrais rentrer avant la nuit, Bill doit surement s'inquiéter.
___Ma mère m'embrasse tendrement, et je quitte la maison, en n'oubliant pas de la remercier pour son enveloppe. Même si elle a encore un peu de mal à accepter la grossesse de Bill, des que je lui ai annoncé que nous avions de petits problèmes d'argent, elle n'a pas hésité une seconde. Je me met au chaud dans ma voiture, et tandis que le moteur chauffe, j'allume mon téléphone, que j'avais éteint avant d'arriver chez maman, préférant ne pas être dérangé pendant que je lui parlais.
" Tom ... Tomi ? ... "
___La voix de Bill, tremblante, enrouée de sanglots me glace le sang. Ses derniers mots me font mal, et c'est avec les yeux brillants que je démarre la voiture. Pas le temps de lui répondre, je me met directement en route. Je conduis prudemment, mais mes mains sont crispé au volent. Je me donne des centaines de claques mentales, alors que je me remémores la scène dans ma tête. Je n'ai même pas dit à Bill ou est-ce que j'allais ... Il doit être mort d'inquiétude. Je n'ai pas osé rester à l'appartement après notre mini dispute. Je ne voulais pas qu'il ai honte ... Je lui ai promis de prendre soin de lui, et de le protéger de tout, et ces problèmes d'argent sont en premier plan. Il a déjà trop souffert de ce manque de revenu, ce n'était pas pour recommencer ici. Je gare la voiture en vitesse sur le parking, cours comme un fou, et monte les escaliers quatre à quatre. Oh mon dieu, il nous faut vraiment un ascenseur ! Pourtant, arrivé devant la porte, j'hésite. Je respire profondément, et pousse la porte. Le corps légèrement tremblant, j'enlève mon manteau, avant que des bruits de pas ne se fasse entendre, se rapprochant dangereusement de moi. Bill apparait devant moi, ses yeux rougis, son menton tremblant, mais pourtant c'est sa voix qui me choque le plus, elle est dure, glaciale.
Bill : Mais t'étais ou putain ! Je t'ai attendu. Tu m'as pas donné de nouvelle. Je me suis inquiété toute l'après midi putain Tom ! Je ... je pensais que tu voulais plus me voir, que ... q-que tu voulais plus du bébé. J'ai ... j'ai ... j'ai cru que tu ... tu nous avais a-abandonné.
___Le corps de Bill se crispe, avant qu'il n'explose en sanglot. Il glisse le long du mur, ou je m'empresse de le rattraper. Je le sert avec force contre moi, tandis qu'il se débat légèrement.
Tom : Non mon c½ur, je ne vous ai pas abandonné. J'suis allé voir maman. Elle m'a donné un peu d'argent. Putain mon c½ur pardon pardon.
___Je ne tiens pas compte de ses gémissements, et passe ma main dans ses cheveux noir ébène, sentant légèrement la vanille et le miel. L'odeur qui émane de lui me donne une confiance, qui m'a fait défaut lorsque que nous nous sommes disputé. Bill cesse de se débattre, et s'accroche à moi, comme un noyé se tiendrait à sa bouée de sauvetage. Il niche son visage humide dans mon cou, et gémit plaintivement.
Bill : T-Tu voulais m-me laisser ... p-parce que je coute trop cher ?
Tom : Dis pas ça Bill, dit pas ce genre de chose. C'est pas vrai, tu l'sais. Je savais dans quoi je m'engageais en prenant un appartement, et en acceptant d'avoir un enfant avec toi. Mon p'tit amour, pardonne moi. Pardonne moi d'avoir crié.
___Je le berce tendrement, comme une mère bercerait son enfant, hanté de cauchemars. Je pose doucement mes lèvres sur sa tempe, et l'embrasse amoureusement, tandis que je glisse ma main entre nos deux corps étroitement enlacé, pour la poser sur son ventre, sentant notre enfant se manifester.
Tom : Mon bébé excuse moi de m'être enervé tout à l'heure. Pardon. Je t'aime tu sais, toi et ta maman.
___Nous nous serrons fortement l'un l'autre, comme si nous avions peur que quelqu'un nous sépare. Nous pleurons, comme si c'était la dernière fois que nous nous voyons ... Je ne cesse de m'excuser, pour mon comportement, pour ma lacheté, pour mon égoisme, pour être parti comme un voleur, pour avoir fait du mal, à Bill et à notre enfant. Nous nous calmons au fur et à mesure que les minutes s'écoulent. Toujours à genoux sur le sol de l'entrée, je relève Bill, avant de le porter jusque dans la chambre. Je lui retire ses vêtements, ainsi que les miens, et je recouvre nos deux corps de la couverture. Bill s'empresse de se blottir contre moi, alors que je le sert tendrement contre mon torse. Une main dans ses cheveux, je cherche ses doigts à taton de l'autre. Nos doigts s'entremellent, alors que je chuchotte dans l'obscurité :
Tom : Mon amour, est-ce que ça va ?
Bill : Oui ... P-Promet moi que ... que plus jamais tu ne t'en iras comme ça.
Tom : J'te le promet mon coeur ... c'est promis. Excuses moi, j'aurais du rester avec toi.
___Je vois Bill fermer doucement les yeux, avant de se laisser aller à mes caresses. Il frotte son nez contre ma gorge, et je l'entends doucement ronronner de plaisir.
Bill : Et ... Et alors, t'es allé voir Simone ?
Tom : Oué. Elle m'a prêté un peu d'argent. Et j'vais faire des heures supplémentaires au boulot. On pourra aussi vendre certains trucs, y'a une espère de foire la semaine prochaine.
Bill : Tu sais, je pourrais chercher un travail moi aussi.
Tom : Hors de question !
___Ma voix a sonné plus durement que je ne le voulais. Et je ne tarde pas à le regretter quand je sens le corps de Bill me quitter. Il roule sur le côté, me tournant le dos.
Tom : Bébé, pardonne moi. Mais je ne veux pas que tu travaille. Bill, t'en est à 6 mois de grossesse, ça sera trop dur. J'veux pas qu'il arrive quelque chose au bébé.
___Je m'approche doucement de lui, passe une main timide sur son bras dénudé, et lui embrasse tendrement la clavicule.
Bill : Mais ... Mais pourtant je voudrais t'aider.
Tom : Tu m'aides déjà Bill. Seulement maintenant, c'est à moi de faire en sorte qu'il n'arrive rien au bébé, et qu'il puisse vivre dans une famille normale, avec des moyens. D'accord mon p'tit coeur ?
___Il hoche la tête, me murmure trois petits mots, qui ont toujours le même effet sur moi, avant que je ne me glisse derrière lui, posant ma tête dans le creux de son cou. Nos mains se joignent, et se posent sur son ventre, et les mouvements de notre enfant seront notre berceuse, celle qui nous enmène tout droit au pays des rêves, là ou les problèmes n'existent pas.
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Je sais, je suis très en retard ! J'ai déménager, donc on a du résilier la connexion un mois à l'avance ! ( Remerciez ma mère --' ). Puis l'ordi du beau père bloque à mort ! (* Double joie ! * )
J'ai du me remettre dans le bain, relire les derniers chapitres ... En plus ce chapitre là était pratiquement fini ! Mdrr
Pardon de vous avoir fait attendre ! <33
C'était effectivement la suite que je vous avez déjà mis ! Comme elle ne me plaisait pas du tout, je l'ai changé !
Sinon vote pour moi ! ICI
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