DRINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNG
Bill : OHHH YEAHH jour de gloire !
Bill se lève de sa chaise, et commence à ranger ses affaires de cours.
Tom : On a encore une heure de cours Bill ...
Bill : Hein ?
Les yeux ronds, il me regarde, avant de se retourner vers une moitié de classe, elle aussi debout.
- Désolé les enfants, mais nous avons encore une heure de cours ! Je disais donc, que Napoléon, dans ses nombreuses conquêtes ...
Bill retombe sur sa chaise comme une masse, ne manquant pas de faire grincer le sol quand il rapproche sa chaise. Il lance sur moi un regard triste, et je m'empresse de lui envoyer un pauvre sourire, pour lui montrer que je suis dans le même état que lui.
Tom : Désolé p'tit ange, on a encore une heure avec c'trou duc !
Le soupire d'agacement qu'il fait ne passe pas inaperçu aux oreilles du prof, qui nous envoie un énième regard noir. Lui a vite compris qu'il ne valait mieux pas nous séparer. Bill ré-ouvre son cahier sur lequel il n'a strictement rien marqué depuis le début du cours, et recommence à gribouiller sur la marge.
Tom : C'est juste moi ... ou alors t'aimes vraiment pas l'histoire ?
Bill : Ça sert à rien des matières comme ça !
Tom : Tout à fait d'accord !
Bill : Mais honnêtement, à quoi ça sert de nous faire apprendre des choses qui se sont déroulé dans le passé, et auxquelles on ne peut plus rien y changer, alors que nous vivons dans un monde ou on nous demande de plus en plus de penser à notre avenir ?
Les yeux et la bouche grand ouverts, il me faut quelques secondes pour assimiler le discours de Bill.
Tom : Ha Gott ... Mais ... c'était trop profond ce que tu viens de dire ! ... Je ... Jean Claude Ven Damme sort de ce corps !
POV BILL :
___Je suis resté trop longtemps aux côtés de Tom, voila que sa connerie m'atteint. Mais ou est ce que j'ai été cherché un truc pareil ? Nous rigolons un instant de ma connerie, avant de faire semblant de nous replonger dans les cours, sous le regard noir de notre prof. C'est juste une impression ou il a vraiment l'air de ne pas nous aimer ? L'heure qui suit passe lentement ... très lentement ! Et malgré toutes les tentatives désespérées de Tom pour me faire rire, je m'ennuie royalement.
- Et lorsque Napoléon rentra chez lui, il eu la surprise de sa vie ! ... En effet ...
Bill : Oh mein gott, il va nous casser la tête encore longtemps avec son Napoléon lui ?
Je plonge ma tête entre mes mains, sentant le mal de crane arriver. Moi qui me suis habitué à me réveiller aux alentours de midi chaque jour, le fait de m'être réveillé ce matin à 6h30 a été dur ... très dur ! Rajoutez sur le feu deux heures de cours avec un prof qui ne cesse de nous casser la tête avec son Napoléon ... Et vous pouvez sortir le tube d'aspirine. Je suis à deux doigts d'exploser.
Tom : Et encore t'as de la chance. L'année dernière on avait commencé les deux heures de cours par l'antiquité romaine ou un truc dans le style la ! Je me suis endormi au bout de 5 minutes ! ... Il va trop vite quand il parle en plus, maintenant je suis perdu ! J'm'en suis arrête aux conquêtes de Napoléon moi ! Fais voir ton cahier p'tit ange ...
Il prend mon cahier ... et me le rend aussitôt quand il s'aperçoit qu'il est encore et toujours vide.
Tom : Rooooh Bill tu sers à rien des fois !
Il se rend compte, à l'instant ou ses mots sortent de sa bouche qu'il a commis une erreur.
Tom : Non non je voulais pas dire ça, pardon p'tit ange, je ...
Bill : Ca va Tom, j'suis pas vexé !
___Deux semaines maintenant que je connais Tom et son comportement ... j'ai appris à ne plus me vexer à ses remarques, qui sont loin d'être blessantes. Je sais maintenant différencier ses vannes de ses critiques ... Bien qu'il ne me critique jamais. J'ai appris à lui faire confiance ... entièrement confiance ! Je pourrais aisément lui laisser ma vie entre ses mains, je sais qu'il en prendrait soin ... Comme il prend soin de moi aujourd'hui ! Je me retourne et lui lance un magnifique sourire, digne des pubs Colgate, et tente tant bien que mal de me replonger dans les cours.
POV TOM :
DRINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNG !
Bill : O.H.M.Y.F.U.C.K.I.N.G.M.O.T.H.E.R ... Remercions le Seigneur !
Bill se relève de la table sur lequel il est avachi depuis toute la matinée. Il faut dire que les deux heures d'histoire, rajouté aux deux heures de français ont endormi toute la classe. Bill, malgré le fait qu'il parle " un peu le français " comme il dit, n'a strictement rien écouté du cours.
Tom : Allez réveille toi p'tit ange, c'est l'heure d'aller manger !
___En compagnie de Georg et Gustav, nous sortons de la salle cours et nous nous dirigeons vers la cantine. Au menu aujourd'hui : Steak brulé, et frites pas cuites ! Bill va avoir l'extrême honneur de gouter à cette délicieuse ... chose qui nous sert de repas. Bill passe en premier, prend un plateau, et commence à remplir son plateau. Je le suis de très près. Il prend directement, parmi les morceaux de fromage proposé, un babibèle rouge, qu'il s'empresse de serrer contre lui, comme s'il avait peur qu'on le lui arrache. Je m'abstiens de tout commentaires ... et malgré le fait qu'il n'en parle pas, je commence à deviner ce qu'il se passait à Standford. Je remplis mon plateau également, et prend deux morceaux de pains, quand je m'aperçois que Bill n'en n'a pas pris. Lui s'est arrêté, devant les desserts ! Il les regarde avec envie quelques secondes, avant de reporter son regard sur son babibèle. Il hésite un moment, regarde la foule qui se tasse derrière nous, attendant eux aussi d'être servi, comme s'il voulait revenir en arrière. Je l'entend soupirer, avant d'avancer à nouveau son plateau.
Tom : Ben Bill, tu prends pas de dessert ?
Bill : J'ai déjà pris un fromage Tom ...
Tom : Ben et alors ? Tu peux prendre les deux ...
Je me retiens juste à temps pour ne pas dire le " Ici " qui manquait à la fin de ma phrase ! Les grands yeux de Bill me fixent un moment, avant que son regard ne se posent à nouveau sur les desserts.
Bill : T'es sur ... ?
Tom : Mais oui Bill ! Prends donc cette part de gâteau au chocolat que tu dévores des yeux depuis tout à l'heure !
___Nous nous sourions un court instant, avant que je ne le pousse à nouveau pour qu'il prenne ce gâteau. Les élèves derrière nous commencent à s'impatienter. Bill consent enfin à prendre son dessert, en s'étant bien assuré au préalable que je fasse de même. Nous continuons de remplir notre plateau, avant d'aller s'installer au fond de la salle. Bill s'assoit sur la banquette, contre le mur ... je le rattrape en deux deux, et vient m'assoir à ses côtés.
Bill : T'es vraiment sur qu'on peut prendre tout ça ?
Il regarde son plateau, comme si nous étions le soir de Noël, comme si une assiette de frites avec un steak, un malheureux babibele et un dessert étaient trop pour lui.
Tom : Bien sur qu'on a le droit !
Bill : A Standfort on avait pas droit à ça ! C'était soit fromage, soit dessert ! Pas question d'avoir les deux ! Et hors de question aussi d'avoir des sauces pour aller avec les frites ... D'ailleurs on avait pas de frites. Et aussi ...
Ce fut la première fois qu'il me parlait de Standford ! Qu'il me racontait ce qu'il se passait la bas ! Et puis, d'un coup, il s'arrêta ! Comme s'il avait la sensation d'en avoir trop dit ! Comme s'il s'était interdit de parler de cet endroit, qu'il voudrait à tout jamais rayer de sa mémoire.
Tom : Et ?
Je le pousse légèrement à continuer sa phrase. Il n'y a que comme ça qu'il arrivera à remonter la pente.
Bill : Et rien du tout ! Désolé de t'avoir déranger avec ça Tom ... Putain Tom j'suis désolé je voulais pas t'embêter, et ... et ...
Je passe mon bras autour des épaules tremblantes de mon voisin, et prend ma voix la plus douce possible.
Tom : Tu m'embêtes pas, loin de la ! Raconte moi si tu veux !
Non, rien n'y fait ! Il n'aurait jamais du s'interrompre de parler, maintenant il est trop tard ! Il se bloque !
Bill : J'peux pas Tom ... J'peux plus ... En tout cas pas maintenant !
Tom : Alors j'attendrais Bill ... Je t'attendrais p'tit ange !
Je rapproche son visage du mien, et laisse un baiser sur la tempe de son visage rosi. Il me fait un triste sourire, le temps que Gustav et Georg viennent nous rejoindre. Je remarque à ce moment la, que beaucoup de regard sont sur nous ... plutôt sur Bill que sur moi ! Ce qui n'a pas l'air de le déranger plus que ca, vu qu'il dévore ses frites !
Georg : Bon appétit les mecs ... 'Fin si vous arrivez à manger cette daube !
Ils s'installent en face de nous, bloquant la vue aux élèves qui ne cessent de nous détailler du regard.
Gustav : Ben t'as l'air d'avoir faim Bill !
Bill : Ch'ai croo la dalle !
___Il mange frites par frites, les trempant alternativement dans la mayonnaise et le ketchup, les faisant se mélanger en même temps. Je me surprend à m'attendrir devant le spectacle qui s'offre devant mes yeux. Bill dévore littéralement son repas, et je remarque, un peu tard surement, que le babibèle est toujours dans sa main, fermement serré. Je décide d'intervenir, tant pis si ça fait mal ! C'est lui qui me fait mal ... Pas directement bien sur ! Mon c½ur souffre, quand j'essaye d'imaginer toutes les atrocités qu'il a du subir ... Je n'y peut rien, c'est comme si j'arrivais à ressentir son malheur ! Et de le voir qui s'accroche désespérément à son fromage, comme s'il avait peur que l'un de nous trois le lui vole, ne fais qu'accentuer ce mal-être ... P'tit ange ... Mais qu'est ce que l'on t-a fait ?
Tom : Bill ...
Son prénom est sorti de ma bouche, comme une plainte. Il cesse de manger et tourne la tête vers moi, l'air surpris.
Tom : Bill je ...
Je cherche mes mots un instants, ne voulant en aucun cas le brusquer, ou le bloquer de nouveau. Les sourcils de Bill se lèvent, ne comprenant visiblement pas ma réaction.
Bill : Qu'est ce qu'il y a Tom ? ... Dit moi, tu commences à me faire peur la !
___J'ai peur oui ... peur pour lui ... peur qu'il n'arrive jamais à remonter la pente ... peur qu'il se renferme à nouveau sur lui même, peur qu'il perde ma confiance ... J'ai peur de le perdre, tout simplement. A défaut des mots, qui n'arrivent pas à sortir de ma bouche, je lui prend la main, et desserre les doigts, qui agrippent son morceau de fromage. Il se crispe automatiquement, resserre son poing, et tente de dégager sa main de mon emprise.
Tom : Non p'tit ange fait moi confiance ...
Involontairement j'avais murmuré cette phrase, comme si je ne voulais la partager qu'avec Bill. Je retire un à un ses doigts du babibèle, le prend, et le dépose sur un coin de son plateau.
Tom : Tu vois, il ne craint rien la ... On ne va pas te le prendre Bill ... Ici tu peux manger à ta faim ! Personne ne viendra te prendre ton repas.
Ses yeux s'embuent de larmes, comme pris sur le faite. Sa main, toujours dans la mienne, il vient entremêler ses doigts aux miens, pour la serrer fort contre la sienne.
POV BILL :
___Les phalanges blanches, à force de lui avoir trop serré la main, je pose ma tête sur son épaule, cherchant juste un peu de tendresse de sa part. Toujours face à moi, il détache délicatement sa main de la mienne, pour venir les placer dans mon dos. Il me sert doucement contre son c½ur, et son rythme cardiaque me berce un moment. Je laisse mon visage près de son cou, inspire et expire calmement, de façon à ne pas craquer, ici et maintenant dans les bras de Tom, et lui demande tout bas :
Bill : Pourquoi Tom ... Pourquoi t'arrives à lire en moi, comme dans un livre ouvert ?
Tom : Je sais pas Bill ... C'est comme si ... j'arrivais à ressentir tes souffrances ... J'ai mal quand tu as mal p'tit ange !
Une larme solitaire coule sur ma joue, avant de pénétrer dans le T-Shirt de Tom. Je resserre mes bras autour de ses épaules, comme si j'avais peur qu'il ne m'échappe.
Bill : J'suis désolé ... de t'faire mal Tom ...
Tom : C'est pas à toi de t'excuser Bill ... Surtout pas à toi !
___Nous restons comme cela, durant de longues minutes, le temps pour moi de calmer ce c½ur, qui ne cesse de battre horriblement vite. Je ne sais comment l'expliquer, mais Tom a un tel don pour comprendre mes doutes, mes peurs ... Comme s'il était à l'intérieur de moi ! Je me détache a regret de lui, en voyant les premiers élèves sortir de la cantine. Il nous reste 20 minutes pour finir de manger. Saisi d'une pulsion, alors que Tom réajuste son bandeau, je passe mon bras autour de son cou et lui plante un bécot sonore sur la joue ! Sa première réaction est de se retourner à une vitesse folle vers moi, les yeux ronds ... avant de baisser le regard, les joues anormalement rose. Pourquoi serait - il le seul à m'embrasser ?
Je murmure un " Merci Tomi " à son attention, ce qui le fait rougir davantage !
Peut être ici, vais-je réapprendre à aimer ...
Cela fait deux chapitres que je parle d'amour à la fin ! Il s'agit d'amour ... fraternel j'ai envie de dire ! De l'amour entre deux copains ! Ce n'est pas encore l'amour, entre deux personnes, comme dans un couple ! J'arrive pas à m'exprimer, mais il le faut pourtant, car je sais que vous interpreter mal des fois mes phrases. Donc mettons ca au clair une bonne fois pour toute, c'est juste un début d'amitié - amour entre B & T. L'amour va se développer plus tard ! :]



