___Les mots de ma mère résonnent encore dans ma tête, m'empéchant même de dormir. Bill est retourné chez lui, peu de temps après que ma mère ne rentre. Il voulait nous laisser seul tout les deux, pour que puissions nous expliquer. Je ne suis même pas descendu de ma chambre lorsqu'elle est rentrée ... Je lui ai juste hurler de l'étage qu'elle avait un message important sur le répondeur.
___Entendre la voix de mon père, pour la deuxième fois de la journée, m'a une nouvelle fois énervé. A défaut de tout casser dans ma chambre, je suis descendu rejoindre ma mère, et je me suis assis en face d'elle, à la table de la cuisine, voulant des explications. Elle m'a alors expliqué, une partie de la vie de mon père ... bien que je n'en avais rien à faire.
___Ses pensées remontèrent à bien avant ma naissance ... quand il avait à peu près mon âge. Il avait un frère ... Un frère jumeau ... Paul ... qu'il adorait par dessus tout ... Ce que j'ignorais totallement ... Pour être franc, je ne savais pas beaucoup de chose de la vie de mon père ... si ce n'est rien ... Je ne me suis jamais intéressé à la vie d'un homme qui a abandonné femme et enfant ...
« Vois-tu Tom, Paul et ton père étaient comme les deux doigts de la main ... inséparable ! Ils faisaient tout ensemble ... Ils voulaient vivre ... et mourrir ensemble ! ...
A 18 ans, ils sont entré à la Fac ... tout les deux, comme toujours. C'est là que Paul s'est découvert ... des attirances ... pour les hommes ! Il a commencé à fréquenter les bars, et les boites ... avant de rencontrer celui qui allait devenir son copain ... Ils sont resté ensemble plusieurs mois Tom ... Ils s'aimaient énormément ... Jamais je n'avais vu un amour comme celui là ...
Mais un jour, Paul s'est senti mal ... il ... il ne tenait pratiquement plus debout. Ton père l'a conduit à l'hôpital ... c'est là qu'on a découvert qu'il était atteint du SIDA ... Ce ... ce salopart l'avait contaminé, avant de prendre la poudre d'éscampette ... Il l'a laissé Tom, il l'a abandonné ... »
___Ma mère avait soudainement resseré ses poings, avant de continuer son récit, la voix légérement tremblante.
« Il est mort Tom ... Paul est décédé quelques années plus tard ... Ton père est resté avec lui, jusqu'au dernier jour ... Quand il a rendu son dernier souffle ... son dernier soupire ... ton père est devenu ... très étroit d'ésprit ... méprisant les couples ... allant même jusqu'à devenir ...homophobe ...
Tom, il ne te deteste pas ... bien au contraire ... Ce n'est pas toi ... »
J'aurais pu me laisser attendrir par ce récit ... mais sa dernière phrase m'a choquée, m'a fait mal.
« C'est Bill qu'il deteste n'est-ce pas ? » ... lui avais-je répondu.
Ma mère n'avait pas vraiment répondu à ma question ... Je me souviens qu'elle avait bafouillé deux trois mots, avant de baisser la tête. La colère que j'essayais tant bien que mal de cacher a fini par prendre le dessus.
« Comment peux t-il le detester ? Voyons ... il ne le connait même pas ! ... Oui, c'est vraiment moche ce qu'il lui est arrivé à Paul ... mais il n'y a pas que les homosexuels qui peuvent contracter ce virus ... On est pas con ... On ... on se protégera ... et ... je ... j'me considère même pas comme un homo ... Je ... je suis pas attiré par d'autre homme à part Bill ... Je ... Je suis ... Billousexuel ... »
Je me souviens que ma mère s'est pincé les lèvres ... avant d'éclater de rire, faisant un peu retomber la pression entre nous.
« Maman, écoute moi ! »
Je me souviens avoir retrouvé mon sérieux à ce moment là.
« J'aime Bill ... et avant que tu ne me dises que c'est peut être une simple amourette d'adolescent ... je peux te dire que c'est sérieux entre nous ... Jamais j'avais ressenti çà maman ... J''veux pas qu'il nous sépare ... J'veux pas qu'il pense qu'en nous séparant l'un de l'autre ... notre vie va s'améliorer ... Il ... Merde quoi ! Il ne peut pas débarquer dans ma vie après plus de dix ans d'absence, et éxiger que notre relation s'arrète ! »
___Nous avons parlé jusque tard dans la nuit ma mère et moi ... Même si mon père avait perdu son jumeau ... et même si c'est cruel de ma part, je n'en ai rien à faire ! Mon père ne nous séparera pas ! Point !
Voila ce que j'avais rétorqué à ma mère, avant de monter me coucher.
___Le reveil indique maintenant 1h00 du matin ... Le sommeil ne m'a pas encore emporté ... et je doute qu'il le fasse. La conversation tourne en boucle dans ma tête ... les mots de ma mère ne veulent pas quitter mon ésprit. Même si je considère encore mon père comme le roi des cons, ma mère a appuyer sur un sujet sensible ... le SIDA. Bill a vécu durant un an à Standford ... à se faire toucher, et salir ... Se sont-ils ... protégés ? Porte t-il le virus ? Est-il contaminé ?
___A défaut de serrer Bill dans mes bras, je ressers un coussin contre mon torse ... peut être inconsciemment ... plus pour me rassurer moi même que lui ...
Le marchand de sable ne m'emporte que lorsque l'aube pointe le bout de son nez. Je n'ai dormi que quelques heures, tiraillé par les mauvais songes ... Je pensais donc être plus en rogne en me levant. Mais ce fut tout le contraire ... Une envie indéscriptible de le voir me prend aux tripes. J'ai passé la nuit à me dire qu'il était malade, qu'il était sur le point de mourrir ... Que j'ai résisté tant bien que mal à ne pas aller sonner chez lui, le réveillant probablement.
___Je me prépare rapidemment, et descends manger un morceau avant d'attaquer cette longue journée qui nous attends. Ma mère n'a même pas relevé que nous avons sécher les cours hier ... Trop occupé à défendre l'attitude de mon père. Elle m'embrasse tendrement, alors que je suis en train de boire mon bol de chocolat.
Simone : Tu sais Tom j'ai bien réfléchi !
Elle s'installe face à moi, l'air très sérieuse. La bouche grand ouverte, un morceau de pain au chocolat pratiquement à la lisière de ma bouche, tout mes sens sont en éveil.
Simone : Quand j'ai dit hier que je n'avais jamais vu un amour aussi grand que celui que Paul et Stéphane ... je me trompais ... L'amour qui te lit à Bill est une chose unique ... et tellement belle ...Je sais que ce garçon ne te ferra rien ... et que tu ne lui ferra rien également ... Si ce n'est lui donner l'amour et la confiance qui lui manque ... Je t'ai entendu te retourner dans ton lit toute la nuit ... Je sais que cette conversation te perturbe ... Alors c'est pour cette raison, que pour une fois dans ma vie, je ne vais pas suivre ton père ... Je ne m'opposerais pas à ta relation avec Bill ... Si je faisais cela ... je crois bien que je tuerais mon fils ...
Les yeux légérement embués, je ne parviens qu'à murmurer un simple " Merci" ... mais qui pourtant vient du coeur.
Simone : Cependant, même si moi j'ai approuvé ta relation, ce ne sera surement pas le cas de ton père ... Je ne veux pas te miner le moral mon chéri ... mais il faudra que tu arrives à le convaincre ... que tu lui explique ...
Tom : Tu voudras que je lui explique l'amour ?
___Rien n'y fait ... j'ai toujours été borné ... et aujourd'hui plus que tout. Si mon père ne comprend pas que je suis amoureux, il se pourrait bien qu'il y ai un meurtre le soir de Noêl. Après tout c'est ce que j'avais promis à Bill lors de notre première rencontre non ? Que je tuerais le prochain qui lui ferra du mal ... Et qu'importe si c'est l'homme qui se prétant être mon père ! Je continue de déjeuner tranquillement, le coeur cependant plus léger.
Tom : Maman ?
Simone : Oui mon chou ?
Je grimace à l'annonce de ce surnom débile, mais continue néanmoins ma phrase.
Tom : Je ... comment t'as su que Bill et moi on était ensemble ?
Simone : Tu appelles souvent les autres garçons " Mon coeur " ?
Elle me regarde tendrement, avant de rigoler devant mon visage qui commence à rougir.
Tom : Je croyais pourtant avoir été discret ...
Simone : Aussi discret qu'un éléphant.
___Je lui tire la langue en grognant un peu, la faisant davantage rigoler. Comment ai-je pu croire un seul instant que ma mère m'arréterait dans ce long chemin qu'on appelle l'amour ? Je suis prèt à me battre contre le monde entier pour que Bill et moi restions ensemble ... Mais s'il aurait fallu me liguer aussi contre ma mère ... Je crois que je ne l'aurais pas supporter.
Tom : Donc pour Noêl ... on sera trois si j'ai bien compris ?
Simone : Pourquoi trois ?
Tom : Ben toi, moi ... et ... et papa ...
___Je me retiens à temps pour ne pas dire " Et l'autre con qui me sert de père ". C'est déjà assez dur pour ma mère de voir revenir l'homme qu'elle a aimé, puis tenté d'oublier durant ces dernières années ... mieux vaut ne pas en rajouter une couche.
Simone : Tu ne voudras pas inviter Bill et sa mère ?
Tom : Ben ... moi je demande que ca ... mais ca ne te dérangera pas ?
___Je prie intérieurement pour qu'elle me donne une réponse négative, et lorsque qu'elle me répond dans un sourire un " Si je te le propose, c'est que ca ne me dérange pas ! ", je n'y tient plus et laisse échapper un cri de joie ... laissant ma mère se fouttre encore un peu plus de moi.
Passer les fêtes de Noêl avec Bill ... que demandez de mieux ? J'imagine déjà Bill, croulant sous les papiers cadeaux, riant aux éclats ... Je sens déjà mon coeur fondre quand ses yeux se poseront sur mon cadeau ... Je veux voir ses yeux pleins d'étoiles, avec cette lueur si innocente qui le caractérise si bien, quand il verra la maison décorée ... J'ai hâte ... tellement hâte ... que ma mère me surprend à sourire comme un crétin. Je ne lui laisse pas le temps de me titiller davantage, et prend mes jambes à mon cou ... non sans lui avoir soufflé un énième " Merci ". Même s'il est encore tôt, je prends mon sac, et me dirige vers la maison de Bill. Je sonne à la porte une première fois ... puis une seconde fois après quelques secondes.
- J'arriiiiiiiiiiive !
Un bruit de pas se fait entendre, avant que la clenche de la porte d'entrée ne bouge légérement.
- Je ... qui est-ce ?
Tom : C'est moi mon coeur !
La porte s'ouvre soudainement, après qu'il n'enlève le vérou.
Bill : Ben t'es en avance ?
Mon petit copain, de ses cheveux lisses et ses vêtements près du corps, me sourit tendrement, avant qu'il ne me fasse entrer chez lui.
Tom : Je sais ! Je voulais juste passer un peu de temps avec toi.
___J'enlève rapidement mon manteau, pose ou plutôt balance mon sac au sol, avant de me retourner. Je sursaute légérement quand je surprends la présence de Bill près de moi. Nos nez se frollent, et c'est dans un sourire que je demande :
Tom : Qu'est ce que je peux faire pour vous ?
Bill : Un bisou ...
___Il se mord la lèvre inférieure, avant d'approcher son visage du mien. Je frotte délicieusement le bout de son nez au mien, avant de poser mes lèvres sur les siennes. Juste pendant quelques secondes ... Juste un simple baiser ... Sauf que Bill n'a pas l'air de cette avis.
Bill : Mais euh Tomi ! Moi je veux un plus long bisou.
___Je rigole légerement, et plaque doucement Bill contre le mur. Lui se passe la langue sur sa lèvre inférieure, me laissant voir son piercing qui m'a déjà donné tant de plaisir. Je prends son visage entre mes mains et pose délicatement mes lèvres sur les siennes. Je laisse ma langue coquine aller rejoindre la sienne ... et commence un baiser langoureux. Nos langues se complètent parfaitement, se câlinent et jouent ensemble le temps d'une minute ... ou peut être plus ... Le temps ? Je ne le ressens plus quand je suis avec Bill. Les mains de Bill descendent, et viennent aggriper les bords de mon T-Shirt, faisant détendre le tissu. Ma mère m'a déjà fait la remarque à ce sujet. Tout les bords de mes T-Shirt sont froissés. En les serrant comme il est en train de le faire, Bill agrandit encore plus mon T-Shirt ... Mais ca ne me gène pas ... J'aime la façon dont il a de me montrer qu'il a besoin de réconfort et de chaleur ... de me montrer qu'il tient à moi, qu'il ne veux pas me laisser partir ... Je ressère doucement notre étreinte, joue avec sa langue une dernière fois, avant de laisser mon membre rentrer revenir dans ma bouche. Je pose ma tête au creux de son épaule, et soupire de plaisir.
L'odeur qui émane des cheveux de Bill m'emplisse un instant les narines et le c½ur. Elle est réconfortante, délicieuse, elle m'ennivre ... Si je m'écoutais, je resterais toute la journée dans cette position ... avec pour seule occupation, me shooter encore et encore à l'odeur de son corps.
___Je me détacha à regret de lui, quand l'horloge de l'entrée sonna 8h00. Je soupire lentement, et avant que je ne me retourne pour reprendre mes affaires, je sens la main de Bill se poser sur mon bras, m'obligeant à lui faire face de nouveau. Je reste un instant bloqué sur son regard ... Ses yeux sont emplis de douceur, de tendresse, mais aussi avec une pointe de passion. Il me sourit, repose une dernière fois sa bouche sucrée sur la mienne, avant de prendre à son tour son manteau. Sur le chemin qui nous amène au lycée, la main de Bill se sert plus fort contre la mienne, avant qu'il ne prenne la parole.
Bill : Tomi ... Je ... comment ca c'est passé avec ta mère ?
___Je prends un certain temps avant de répondre, laissant le vent du mois de décembre me gifler le visage. Que pourrais-je lui répondre ? Que mon père le deteste parce qu'il a peur qu'il ne me refile le SIDA ? Avouez que pour une conversation à 8h00 du mat', qui plus est sur le chemin du lycée ... il y a mieux ...
Tom : Elle ne va pas tenter de nous séparer Bill ... T'inquiètes pas pour ca mon coeur ...
Le soudain sourire de Bill me redonne du baume au coeur. Je n'aurais pas pu supporter qu'il s'en aille ... Je n'aurais pas supporter de le faire souffrir ... à nouveau.
POV BILL :
___Je suis en train de m'endormir royallement sur la table, alors que le prof tente de nous expliquer la révolution française. L'homme qui tente de nous apprendre l'histoire et la géographie depuis le début de l'année a eu la bonne idée de nous séparer Tom et moi. Me voila comme un imbécile seul sur ma table, à lutter pour ne pas que mes yeux se ferment. Tom, sur la table voisine n'a pas l'air plus concentré que moi. Il a le nez collé à la vitre, les yeux perdus dans le ciel ... Une soudaine envie de m'amuser me prend. J'arrache un bout de papier de mon cahier, de toute façon pour ce que j'écris dedans ... la chiffonne, de façon à concevoir une petite boulette de papier, et la jette doucement sur la tête de Tom. Il sursaute viollement, faisant se retourner le prof. Il émerge tout doucement, et regarde autour de lui, une fois que le prof s'est retourné, marquant sur le tableau le nom des présidents dont j'aurais déjà oublier le nom dans cinq minutes.
___Quand les yeux de mon amour se posent sur moi, et au vu de l'étrange sourire que je lui fait ... il comprend automatiquement. Il étire ses lèvres ... pour former un sourire à tomber par terre, avant d'ouvrir la boule de papier, et cherche à taton son stylo. Il y inscrit un mot, et me relance le papier. Je suis obligé de me mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire, tellement ce que nous faisons est puéril ... mais tellement bon. J'ouvre le bout de papier, exité comme une puce, et lis la phrase qui y est inscrite, de son écriture si belle.
" Arrête de m'embéter ! Laisse moi suivre le cours ! "
Mais à qui veut-il faire croire qu'il suit le cours ... Je répond, et lui relance le papier, toujours en evitant que le prof nous attrape. S'en suit alors une véritable description par bout de papier.
" Tom Kaulitz qui suit les cours ... Faites une croix dans le calendrier ! "
" Tu ferrais bien de suivre également ! Ca te ferrais pas de mal ! Un peu de matière grise dans ta tête d'hérisson ! "
" Tu sais ce qu'elle te dit la tête d'hérisson ? "
" Qu'elle m'aime ? "
Je cherche mes mots un instant, avant de lui renvoyer le nouveau morceau de papier. L'ancien se trouve dans ma trousse ... gardé jalousement, comme un souvenir ...
" La tête d'hérisson aime son calamar. "
___Je le regarde légérement, apréhendant un peu sa réaction. Lorsque je vois ses yeux briller, je sens mon coeur repartir. Il me lance un regard, me sourit tendrement, avant de recommencer à écrire ... longtemps cette fois-ci ... Le prof est en train d'annoncer que nous serons en bac blanc après les vacances de Noêl, que je me reçois la boulette de papier en plein dans la tête. Je jure tout haut, faisant se retourner tout les élèves. J'hausse un sourcil, essayant de prendre une attitude la plus digne possible, quand je sens le regard de Katie poser sur moi. Je me redresse de toute ma hauteur, et ne lache pas le regard. Je veux bien passer pour un crétin aux yeux des autres ... mais elle certainement pas. Nous nous défions un instant du regard, alors que même le prof regarde nos échanges. Tout le monde a très bien vu l'attirance qu'elle portait à Tom ... à mon Tom ... Elle rejette la tête en arrière, faisant voler ses longs cheveux blonds pas du tout naturel, mais qui correspondent très bien à son intélligence, lance un regard de braise à Tom, avant de se replonger dans le cours. La pièce se replonge dans son état normal. Seul Tom, lui, n'a pas l'air d'avoir compris ce qu'il vient de se passer ... Moi j'ai très bien saisie le message ... C'est une déclaration de guerre qu'elle veut ...
___Je secoue ma tête d'hérisson comme Tom l'appelle, et me replonge dans la lecture du mot ... ce qui à le don de me calmer automatiquement.
" Le calamar aime tellement son hérisson qu'il l'invite chez lui pour les fêtes de Noêl. "
" C'est vrai Tomi ? "
A la lecture de ce mot, il me regarde, et hoche la tête, en signe d'affirmation. Mon comportement change soudainement, je n'ai plus envie de me lever pour aller jeter Katie du haut du troisième étage ... J'ai juste envie de me lever, et que Tom me prenne dans ses bras. J'ancre mes yeux dans son regard marron, couleur banale mais tellement magnifique sur Tom. Je regarde autour de moi, et quand je vois que personne nous épie, je mime des lèvres un " Je t'aime " ... qu'il ne comprend malheureusement pas. Je recommence encore et encore ... il lève ses bras, en signe d'incompréhension ... Mais son sourire qui vient subitement d'apparaitre me fait croire qu'il a très bien compris au contraire. J'arrache un nouveau morceau de papier, plus petit cette fois ... Je n'ai que trois mots à écrire après tout ...
___La sonnerie annonce la fin de la souffrance. Je ramasse mon cahier et mon livre qui n'ont servi à rien, les balance au fond de mon sac, et me faufille entre les élèves pour sortir plus au plus vite de cet endroit. En passant près de la porte, je bouscule involontairement Katie ... Je vous le jure, mes pieds ont tout bonnement glissé, et ce n'est pas ma faute si elle est tombée, se faisant horriblement mal au coude. Pratiquement tout les garçons se jettent à ses pieds, l'aidant à se relever ... tous, sauf celui qu'elle convoite ... Je lui lance un " Désolé ", qui sonne aussi faux que sa poitrine, et sort de la salle, en fredonnant une chanson de Nena. Je m'arrète au milieu du couloir, et en attendant Tom, refait mon lacet de chaussure. Je n'ai pas le temps de me casser un ongle, que quelqu'un me pousse, m'envoyant valser trois kilomètres plus loin. Je tombe la tête la première sur le sol sale, et instinctivement, place mes mains en avant ... qui viennent se bruler au sol du à la force du choc. Je tombe lourdement sur le sol, dans un juron aussi horrible que bruyant.
- Oups désolé ...
___Je ne connais que trop bien cette voix si horripilante soit-elle ... Je me retourne légérement, et ancre mon regard noir, en ce moment si embué de haine, dans celui de Katie ... qui révèle sa méchanceté. Elle s'en va, après m'avoir humilié publiquement, toujours dans un jeté de cheveux digne des plus grandes pubs, et appelle Tom, qui vient vers nous en courant ... difficilement avec son pantalon trois fois trop large.
Katie : Ton petit copain ne tient pas la route Tom ... Si encore il se rattrapait sur d'autre chose ... mais là ... c'est désespérant ...
___Elle me regarde une dernière fois, répète une nouvelle fois " désespérant " ... et je vois bien que cette remarque est pour moi. Elle s'en va, pour de bon cette fois, dans un éclatement de rire sonore. Je me mord la lèvre tellement la rage s'est emporté de moi ... Il n'en faudrait pas plus pour que je lui saute à la gorge.
Tom accourt vers moi, sans même un regard vers ma rivale, et m'aide à me relever. Il enlève la poussière de mes vêtements d'un revers de main, avant de me prendre le bras, m'enmenant loin de la foule. Si le début de la journée c'est bien passé, la fin est un cauchemard. Nous rentrons chez nous, toujours sans un mot ... Une pointe de culbabilité commence à se former en moi. Je frissonne légérement, et je ne suis pas sur que la nuit qui commence à tomber en soit la cause. Tom me prend délicieusement la main, et je ne peux m'empécher de la lui serrer fortement, l'empéchant même de faire un pas sans moi. Arrivés devant chez moi, je me retourne, et dit d'une voix hésitante :
Bill : Tu ... Tu viens chez moi Tomi ?
Je baisse le regard, et les ancre dans mes lacets, que je n'ai toujours pas refait.
Tom : Si tu veux ...
___Pas de surnom ... pas de " Bien sur que je viens chez toi " ... pas la moindre trace de tendresse ... Je commence légérement à avoir peur. Cet excès de panique m'empèche de rentrer la clé dans la serrure, tellement mes mains tremblent. Tom vient subitement de comprendre son érreur, et vient poser ses mains sur les miennes.
Tom : Et alors ? Qu'est ce qu'il t'arrive ?
___Son murmure me fait frissonner, et il ouvre la porte de lui même. Nous rentrons, enlevons sacs, manteaux et écharpes, avant de pénétrer dans le salon. Je range nerveusement le peu de coussin sur le canapé, avant que la voix de Tom me fasse sursauter.
Tom : Bill je ...
Je n'attends même pas la fin de sa phrase. Je me retourne, et laisse mon coeur éclater.
Bill : Putain Tom excuse moi ! Je voulais pas lui faire çà ! Mais elle m'insuporte tellement, que je ne peux plus me contrôler ! Je veux pas Tom ... Je veux pas qu'elle pose les yeux sur toi, je veux pas qu'elle te lance son super sourire qu'elle croit magnifique, digne des pubs pour dentifrice. Je veux pas qu'elle t'approche ! J'veux pas qu'elle t'arrache de moi ... Putain Tom ... je ... je veux pas te perdre ....
___Si mon discours avait commencé dans un hurlement ... ma voix se casse à la fin, troublé par les sanglots qui commencent à apparaitre. Je tord nerveusement mes mains, m'adosse légérement au canapé, sanglottant comme un enfant qui vient de perdre un jouet ... sauf que moi, je viens de perdre ma plus belle chose.
Tom : Ma puce ... mais ... tu vas pas me perdre.
___Est-ce le fait de le voir s'approcher de moi, dans un élan de tendresse, ou le fait qu'il est prononcé mon surnom préferé qui me fait craquer ? Je ne sais pas ... Un peu des deux je pense ... A moins de quelques centimètres de moi, je ne peux plus me controler et me jette dans ses bras. Tom me rattrape au vol, et me sert dans ses bras, comme si nous ne nous étions pas vu depuis des années. J'enfouie mon visage dans son cou, et ne retient plus les sanglots, qui sortent désormais de ma gorge. Il me murmure des choses affreusement attendrissantes ... ces choses que j'attendais tout à l'heure.
Bill : T'es à moi Tom ... T'es à-à ... à moi ! Pas à elle ! ... Dis le moi Tom ... d-dit moi ... que tu m'appartiens ...
___Vous trouvez mon discours égoiste ? Je le conçois très bien. Je suis une personne égoiste, ne voulant absolument pas partager ... surtout les choses que j'aime ... Et surtout pas avec Elle ...
Tom : J'suis à toi Bill ... à toi pour l'Eternité ... Cesse d'être jaloux comme çà ... Elle n'en vaut même pas la peine ...
___Mes pleurs se calment soudainement ... J'ai entendu ce que je voulais entendre. J'essuie les dernières larmes d'un revers de main, alors que Tom m'embrasse tendrement les cheveux. Je me détache un instant de son étreinte, et le regarde. La conversation n'est pas finit ...
Bill : Tom ... tu sais ... c'est pas ma faute ... Je supporte les autres filles ... mais Elle ... mais elle non ... Elle est méchante ... Elle ne m'aime pas ... Elle me deteste parce que je suis avec toi ... Elle cherchera par tout les moyens de nous séparer ... Je ... quand elle est là ... Je suis obligé de sortir les griffes ...
Tom rejette soudainement la tête en arrière, et me dit dans un rire :
Tom : Ha oui griffe moi griffe moi !
Cette remarque lui vaut une claque sur le torse. Mais je ne peux m'empécher de rire avec lui. Il pose son front sur le mien, laissant nos yeux s'entre choquer.
Tom : Elle ne va pas nous séparer Bill ... J'te le promet ... Et puis ... Moi j'aime bien quand t'es jaloux ... Ca prouve que tu tiens à moi ... Et que tu ...
Ses grands yeux marrons s'illuminent tout d'un coup, et il farfouille un instant dans ses poches, sortant un morceau de papier. Il le déplie, et le place sous mon nez.
Tom : Lis le moi ...
Je ne comprends pas immédiatement son comportement ...
Bill : T'es sur ?
Tom : Oui ... Va z'y ...
Bill : Ok ... Alors une grande frite, un coca et un Big - Mac ...
J'explose de rire en voyant la tête de Tom ... Pourquoi garde t-il toujours ses tickets de caisse dans ses poches ?
Tom : Hein ? Hoo non non non ! C'est pas le bon papier !
Il cherche activement au fin fond de ses poches, et panique comme un malade. Je comprends alors ce qu'il cherche ... le morceau de papier de tout à l'heure ... Mon papier ... celui qui représente mon coeur.
Tom : J'le trouve pas !
Bill : C'est qu'un bout de papier Tom.
Tom : Non c'est bien plus pour moi !
___Sa voix, soudainement grave et forte me fait légérement sursauter. Il murmure un " Pardon ", et quand un sourire vient s'afficher sur son visage, je devine qu'il a trouvé mon morceau de papier ... Il le déplie, regarde cette fois-ci si c'est bien le bon, et me le place devant le visage.
Tom : Lis le moi Bill ...
___Fini de rire cette fois ... Je ne dois lire que trois mots ... et pourtant ces mots me paralysent ... Je ne les ai prononcé que très rarement ... Et qui pourtant m'ont détruit ... Comment trois petits mots peuvent-ils tout gacher ? Comment une simple phrase peut-elle vous anéantir ? Je ne les ai pas dit à la bonne personne ... Voila tout ... Comment ai-je pu croire aussi que j'avais trouvé l'amour à Standford ?
Tom : S'il te plait mon coeur ...
Mon coeur ... Voila le problème ... En lisant ces mots, mon coeur ne m'appartient plus ... J'abaisse le regard, prend la main de Tom, et vient la poser sur ma poitrine, là ou palpitte la vie ... et mon amour pour lui.
Bill : Si je te confie mon coeur Tom ... Tu me promet d'en prendre soin ?
La main de Tom se sèrre légérement sur mon coeur, comme s'il voulait le prendre. Ses yeux s'embuent de larmes, et je sens son corps se ressérer sur le mien.
Tom : J'en prendrais soin ... Je le conserverais jalousement contre moi ... Pour que personne ne puisse y accéder ... Pour que personne ne prenne ma place ...
___Une larme coule sur ma joue, et Tom s'empresse de venir m'embrasser à cette endroit, lappant la goutte d'eau par la même occasion. Il est maintenant temps, pour moi, de tourner un chapitre de ma vie ... Et cette nouvelle histoire, je veux l'écrire avec Tom ... Je saisis son visage entre mes deux mains tremblantes, et c'est d'une voix enrouée sous les sanglots que je murmure un " Je t'aime " ... Venu du coeur ... qui désormais appartient à Tom ...
POV TOM :
___Je remets en place quelques mèches de ses cheveux, collés sur son visage à cause de ses larmes. Je l'embrasse sur le bout du nez avec une extrème tendresse, me noie encore un instant dans ses prunelles magnifiques, avant de le prendre délicatement dans mes bras. Rien n'aurait pu gacher ce moment si délicieux entre nous ... Ce moment de tendresse avait tellement bien commencé ... que Bill, sans le faire éxprès, vient tout gacher ...
Bill : On sera ensemble pour Nôel alors ?
___Mon coeur s'emballe, en repenssant à la conversation que j'ai eu ce matin avec ma mère. Je ressere inconsciemment mon étreinte, et murmure un " Oui ". Je l'entends soupirer de bonheur dans mon cou, avant qu'il ne me sert encore plus fort contre lui. Est-ce que je veux vraiment savoir ? Je ne sais pas ... En tout cas la question me brûle les lèvres ... Comment amorcer le sujet ?
" Hé Bill, est ce que ces salopards de Standford t'ont refilé le SIDA ? " ...
Pathétique ... Vous avez bien raison. Je ne veux pas lui faire de mal ... Je lui ai promis ... Je ne veux pas qu'il souffre encore, qu'il revive son passé, à cause d'une simple question ...
Alors, quand il me murmure un deuxième " Je t'aime " à l'oreille, ma décision est prise ... Je ne lui demanderais pas ... Ou en tout cas, pas maintenant ... Je ne sais pas comment je réagirais si j'apprenais qu'il est affecté par ce virus ... Je crois ... que j'irais me jetter sous le premier train ... Je ne pourrais pas supporter de le regarder mourrir, alors que je ne pourrais rien faire ... Non, je ne veux vraiment pas savoir ... Je veux encore me convaincre qu'il n'a rien, et que nous finirons notre vie ensemble ...
Je veux juste ... être dans ses bras ... ne pas penser à l'avenir ... Ne pas penser à l'arrivée de mon père dans deux semaines, ni même la réaction de la mère de Bill quand elle apprendra notre relation, ni les examens qui approchent ... Je veux juste ... Vivre la seconde ...
Je sens les mains de Bill descendre tout doucement, pour aggripper les coins de mon T-Shirt ... Ils lui appartiennent ... Tout comme son coeur est mien.
La guimauve et le sadissisme se mélangent très bien,
Ne trouvez vous pas ? =P
Petite grande suite sadique ! =P
Comme d'hab, pour être prévenu, des comm's Ici ! (L)
360 comm's au précedent ... Alors à vos claviers !!
En éspérant que vous avez apprécié ! =P
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xapericub-drugs : Hmm déjà merci d'être franche ! =)
Mais j'ai pas trop compris ta remarque !
Il me semble pas que j'ai sous entendu que Bill avait le SIDA ... Si ?
J'ai rien dit ! Je laisse juste le suspens, comme tu me l'as dit dans le comm' !
Après peut être que tu n'as pas compris ma façon d'écrire ...
Ma Fic` ne va pas tourner en cliché ... Rassure toi ! =)
J'essaye de faire un truc original à chaque chapitre ...
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4000 Comm's ! Grace à Hell !
Merci ! =)
La suite est en cours d'écriture !


